Maisons centenaires et styles de fenêtres : un guide du patrimoine architectural de l'Est du Canada
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- 15 juil.
- 8 min de lecture
On mentionne rarement la fenêtre en premier lorsqu'on parle d'un bâtiment patrimonial. Pourtant, c'est généralement un bon indicateur de l'époque de construction.
Nombre de carreaux, motif des petits carreaux, proportions des châssis, linteau cintré ou droit, emplacement dans le mur : ces détails, accumulés au fil des siècles de conventions architecturales, en disent plus long sur les origines d’un bâtiment que presque aucun autre élément. Lorsque ces fenêtres sont remplacées par des éléments qui ne correspondent pas au style d’origine, le bâtiment perd quelque chose de plus difficile à définir qu’un simple détail.
L’Est du Canada possède un patrimoine architectural particulièrement riche et varié, façonné par les traditions coloniales françaises et britanniques, les matériaux disponibles dans chaque région et une succession de mouvements stylistiques importés d’Europe et du Nord-Est américain. Ce guide présente les principaux styles architecturaux de la région, les types de fenêtres qui leur étaient initialement associés et les étapes nécessaires au remplacement des fenêtres patrimoniales dans une maison centenaire afin de leur rendre justice.
Géorgien et Colonial : Les Fondations
L’architecture géorgienne, arrivée avec la colonisation britannique à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, constitue le modèle de base pour une grande partie des constructions ultérieures dans les provinces de l’Atlantique et du Haut-Canada. Sa caractéristique principale est une symétrie rigoureuse : une porte centrale flanquée de fenêtres régulièrement espacées, identiques à chaque étage.
Les fenêtres des bâtiments géorgiens sont à guillotine , généralement hautes et étroites, composées de plusieurs petits carreaux séparés par de fins montants en bois. Les configurations les plus courantes pour cette période sont 12/12 (douze carreaux par vantail), 9/6 ou 6/6, selon l'époque et le budget du constructeur. La petite taille des carreaux était une conséquence des techniques verrières de l'époque : les grandes plaques de verre plat n'étant pas encore largement disponibles, les fenêtres étaient assemblées à partir de petits morceaux maintenus par une grille en bois.
En Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard, les maisons de style géorgien étaient généralement à ossature de bois, souvent revêtues de planches ou de bardeaux, et peintes en blanc ou en crème. Dans les régions où la pierre locale est présente, notamment dans certaines parties de la Nouvelle-Écosse et dans une grande partie du Haut-Canada, les bâtiments géorgiens étaient parfois construits en calcaire ou en grès, avec des fenêtres encastrées profondément dans d'épais murs de maçonnerie. Pour quiconque souhaite remplacer les fenêtres d'une maison centenaire de style géorgien, le choix le plus important est de respecter le nombre de carreaux d'origine et de conserver le profil fin des croisillons.
L'époque victorienne : une ère de diversité architecturale
L'époque victorienne (environ 1840 à 1910) a été marquée par un essor spectaculaire des styles architecturaux résidentiels, dont beaucoup sont apparus simultanément grâce aux recueils de modèles et aux fabricants de modèles. Chaque sous-style possède un vocabulaire spécifique en matière de fenêtres.
Italianisant
L'un des styles victoriens les plus répandus dans l'est du Canada, le style italianisant se caractérise par des fenêtres hautes et étroites, surmontées d'arcs ou de consoles, souvent jumelées ou groupées par deux ou trois. Les fenêtres sont à guillotine, avec deux carreaux par vantail ou un seul grand carreau par châssis, témoignant des progrès réalisés dans le domaine du verre au milieu du XIXe siècle. Les moulures travaillées des arcs et les consoles décoratives au-dessus des linteaux sont des détails distinctifs. Pour le remplacement de fenêtres patrimoniales dans une maison de style italianisant, le profil de l'arc et les proportions du châssis sont les éléments les plus difficiles à reproduire avec un produit standard. Des dimensions sur mesure sont souvent nécessaires.
Néo-Gothique
Le style néogothique a introduit les arcs brisés dans l'architecture résidentielle, notamment sur les pignons et les lucarnes. Ce style est répandu en Ontario et dans les provinces maritimes, et se retrouve fréquemment dans les églises, mais aussi dans les maisons à colombages caractéristiques associées à l'architecte américain Andrew Jackson Downing. Les fenêtres des maisons néogothiques présentent souvent des arcs brisés, des formes en lancette ou des carreaux à motifs losangés dans la partie supérieure.
Reine Anne
Les maisons de style Queen Anne sont les plus exubérantes des sous-styles victoriens, avec des fenêtres de tailles, de formes et d'emplacements variés sur la façade. Fenêtres en baie , fenêtres cintrées, vitraux et ouvertures aux formes particulières se côtoient au sein d'un même bâtiment. Cette diversité est essentielle : l'architecture Queen Anne était délibérément asymétrique et ornementée, et ses fenêtres reflètent cette logique.
Le Second Empire et la tradition mansardée : Québec et au-delà
L'architecture Second Empire, ainsi nommée en raison du style qui a connu son apogée sous Napoléon III, est l'un des styles architecturaux les plus distinctifs du Québec et s'est également largement répandue en Ontario et dans les provinces de l'Atlantique. Sa caractéristique principale est le toit mansardé : un toit à double pente percé de lucarnes sur les quatre côtés de la façade.
Les fenêtres des édifices de style Second Empire sont généralement de hautes fenêtres à guillotine à deux carreaux, disposées par paires aux étages principaux. Les lucarnes mansardées sont souvent cintrées ou surmontées d'un fronton, avec des encadrements décoratifs. À Montréal et à Québec, ce style a été mis en œuvre en calcaire et en brique locaux, conférant aux bâtiments une solidité et une élégance que les constructions à ossature de bois du Canada atlantique ne pouvaient égaler.
Patrimoine de la maçonnerie : pierre grise, calcaire et brique
Les bâtiments patrimoniaux en maçonnerie de Montréal, d'Ottawa, de Québec et de nombreux centres-villes des Maritimes constituent une catégorie à part dans toute discussion sur le remplacement des fenêtres patrimoniales. Ces édifices ont été construits pour durer des siècles, et leurs ouvertures relevaient autant de choix structurels qu'esthétiques. Remplacer les fenêtres dans des murs en maçonnerie exige une approche fondamentalement différente de celle nécessaire pour remplacer les fenêtres dans une construction à ossature de bois.
Pierre brune et pierre grise
Les maisons en grès brun et en pierre grise des quartiers montréalais comme Westmount, Outremont et le Plateau comptent parmi les édifices résidentiels les plus emblématiques de l'architecture canadienne. Construites principalement en calcaire gris local entre 1880 et 1930, ces maisons se caractérisent par de hautes et généreuses ouvertures de fenêtres surmontées de linteaux en pierre à arc en plein cintre ou à arc surbaissé. Les fenêtres d'origine étaient à guillotine, à deux ou un carreau, encadrées de bois peint et encastrées dans de profondes chambranles en pierre. L'encadrement en pierre revêt une importance architecturale majeure : une fenêtre de remplacement affleurante plutôt qu'encastrée paraîtrait immédiatement inesthétique.
Calcaire
Ottawa possède une tradition architecturale unique en son genre, caractérisée par l'utilisation d'un calcaire beige clair extrait localement. Les édifices de style géorgien et du début de l'époque victorienne dans cette région sont souvent entièrement construits en calcaire, avec des ouvertures de fenêtres aux proportions classiques : hautes, symétriques, avec linteaux et appuis en pierre. Plus récemment, les bâtiments commerciaux et institutionnels du centre-ville d'Ottawa ont étendu ce vocabulaire architectural aux styles italianisant et néo-roman, avec des ouvertures en plein cintre, de la pierre rustiquée et des cadres de fenêtres profondément encastrés. Lors du remplacement des fenêtres patrimoniales de ce type de bâtiments, il est essentiel de prendre en compte la profondeur de l'embrasure avec autant de soin que le profil du châssis.
Centre-ville Brick : Commercial et résidentiel
La brique rouge et jaune est le matériau de construction emblématique des bâtiments victoriens des centres-villes des Maritimes, du Québec et de l'Ontario, notamment l'emblématique édifice Gooderham à Toronto et la rue Victoria à Charlottetown . Les bâtiments commerciaux de cette époque présentent souvent de grandes fenêtres cintrées aux étages supérieurs, au-dessus des devantures de magasins, avec des linteaux en brique à encorbellement et des ornements de brique au-dessus des fenêtres. Les maisons résidentielles en brique de la même époque possèdent généralement des ouvertures de fenêtres en arc segmentaire, des fenêtres à guillotine à deux vantaux ou à un vantail et des appuis de fenêtre en pierre. La façade en brique et l'encadrement de fenêtre forment un ensemble harmonieux : modifier le profil de l'encadrement ou ajouter un chambranle inadapté à l'ouverture en maçonnerie rompt visiblement cette harmonie.
Langage maritime vernaculaire : Saltbox, Foursquare et traditionnel
Toutes les maisons historiques du Canada atlantique ne sont pas des chefs-d'œuvre d'architecture d'époque. Une grande partie du parc immobilier résidentiel, surtout dans les petites localités, les villages de pêcheurs et les zones rurales, est de construction vernaculaire : pratique, sans prétention, et façonnée davantage par les matériaux disponibles et le climat local que par les modes architecturales.
La maison à quatre vantaux, courante à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, suit un pragmatisme similaire : plan carré, toit à quatre pans, fenêtres à guillotine à espacement régulier, parfois avec une triple fenêtre groupée sur la façade.
La maison à toit en pente, avec sa toiture asymétrique s'étendant vers l'arrière, est la plus caractéristique de ces constructions vernaculaires. Les fenêtres y sont généralement de simples fenêtres à guillotine à 6/6 ou 6/1, disposées symétriquement sur la façade principale et ornées de façon minimale.
L'artisan et le début du XXe siècle
Les bungalows de style Craftsman ont fait leur apparition dans l'est du Canada au début du XXe siècle, en partie grâce à la même culture des catalogues de modèles qui avait diffusé le style victorien deux générations plus tôt. Ce style constitue une réaction délibérée contre l'ornementation victorienne : toits à faible pente, larges avant-toits, matériaux naturels et horizontalité prédominante.
Les fenêtres de style Craftsman reflètent cette tendance. Le modèle caractéristique est une fenêtre à guillotine 6/1 (six petits carreaux dans le vantail supérieur et un grand carreau en dessous), souvent groupées par deux ou trois. Certaines maisons de style Craftsman présentent également une grille de petits carreaux carrés uniquement dans le vantail supérieur, un détail associé au style Prairie. On retrouve aussi des fenêtres à petits carreaux dans les intérieurs Craftsman, notamment dans les meubles intégrés et les impostes .
Windows compatibles avec les modèles d'origine
La fabrication moderne de fenêtres a atteint un niveau tel que presque tous les profils historiques, les motifs de petits carreaux ou les formes spéciales peuvent être reproduits avec des matériaux aux performances supérieures aux originaux, et ce, à tous les égards. La difficulté réside dans la connaissance précise du modèle à reproduire et dans la collaboration avec des fabricants qui comprennent cette distinction.
Pour les fenêtres à guillotine de style géorgien et colonial, de véritables configurations à petits carreaux (TDL) avec un nombre de carreaux approprié à l'époque sont disponibles via la collection Marvin Ultimate et via le programme de menuiserie sur mesure de Norwood Windows and Doors .
Pour les formes cintrées victoriennes et les formes spéciales, le programme de formes spéciales de Marvin permet des configurations sur mesure pour s'adapter aux ouvertures d'origine. Dans le cas particulier des applications en maçonnerie, le profil du cadre, la profondeur du retrait et les détails de l'habillage extérieur doivent être spécifiés avec précision afin de s'intégrer à l'ouverture existante sans nuire à l'esthétique du mur. Ce type de travail nécessite l'expertise d'un fournisseur ayant déjà réalisé ce type d'intervention.
Les processus d’approbation patrimoniale au Québec et en Ontario, ainsi que les lignes directrices émises par les autorités patrimoniales provinciales et municipales du Canada atlantique, exigent de plus en plus de documents attestant que les fenêtres de remplacement correspondent aux fenêtres d’origine quant au profil, aux matériaux et à la configuration. Des spécifications de produit adéquates facilitent la production de ces documents.
Ultimate Windows, Doors and More travaille avec des architectes, des professionnels de la restauration et des propriétaires sur des projets de fenêtres et de portes patrimoniales en Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard.






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